Il y a quarante ans… le 7 mai 1968

« MEETING NOCTURNE »
SÉRIE. « Scène d’émeute au quartier Latin. Les
gendarmes et CRS chargent les étudiants retranchés derrière les barricades ».
Ce titre barre la Une de « Sud Ouest » où l’on peut lire qu’il y avait 10 000
manifestants boulevard Saint-Germain et près de 500 blessés ont été
hospitalisés.
À Bordeaux, des risques de manifestations sont annoncés à la
suite d’« un meeting nocturne particulièrement animé » tenu la veille dans les
locaux de l’association générale des étudiants. L’assemblée a décidé à la
quasi-unanimité une action de solidarité avec les étudiants de Paris. « De très
nombreuses motions (parfois contradictoires) ont été votées. » Selon les
étudiants Sciences et Lettres : « L’agitation étudiante, loin d’être le seul
fait d’une poignée ”d’enragés”, traduit le malaise profond de l’Université
tout entière ».
LE TÉMOIN Jean-Luc Milart Animateur en maison de
retraite, Blanquefort
« Je me souviens surtout… j’étais en seconde au lycée
agricole de Blanquefort. Nous étions la première classe du lycée à faire grève
car nous avions besoin de liberté. Un soir, à l’internat, certains camarades
ont fait le mur et sont allés à Bordeaux, ils ont ramené un pavé et l’ont
déposé sur le bureau du prof de philo. La direction, par peur de contagion, a
embauché un pion pour nous calmer. Finalement ce pion est devenu un des leaders
de la contestation à Blanquefort et par la suite… mon beau-frère ! »« Aujourd’hui… on ressent toujours les conséquences de mai 68. La France coincée de Tante Yvonne n’existe plus grâce à ça ! Mais les germes d’un autre mai 68 se font sentir. Les acquis sociaux sont supprimés un par un : le chômage, les délocalisations, les retraites, la Sécurité sociale, les suppressions de professeurs. Tous ces aspects de notre société sont remis en cause et les Français se battent sans cesse contre le gouvernement. Un jour peut-être, mai 68 reviendra…










