Il y a 40 ans … Le 9 mai 1968

« PEU DE COURS »
« Reprise des cours aujourd’hui si le retour à l’ordre est
assuré », titre « Sud Ouest » à la Une, reprenant une déclaration faite à
l’Assemblée nationale par Alain Peyrefitte, ministre de l’Éducation. « Pour le
troisième jour consécutif, les étudiants ont manifesté autour du Quartier
Latin, toujours bouclé par d’importantes forces de police. Mais en dépit des
mots d’ordre lancés à l’origine de ce déploiement de force tels que : « Nous
camperons ce soir dans une Sorbonne libre » ou « Nous repartons à la reconquête
du Quartier Latin », le cortège de quelque 15 000 étudiants a défilé dans le
calme.
Réveil calme aussi dans le campus de Talence-Pessac. Suivant
le mot d’ordre de grève lancé aux étudiants ainsi qu’aux professeurs de SNESup,
peu de cours ont eu effectivement lieu […]. Hier soir, le grand amphithéâtre de
la Faculté des lettres était rempli par près d’un millier d’étudiants de toutes
les corpos. Aujourd’hui, le même mouvement sera poursuivi dans les diverses
facultés. »
LE TÉMOIN Patrick Seguin, chef d’entreprise à
Saint-Médard-en-Jalles
«Je me souviens surtout… J’avais 16 ans et j’étais
lycéen à Cognac. Nous étions loin de Paris. J’avais surtout l’impression de
très grandes vacances. Jamais je n’ai autant aidé mon père à travailler dans
les vignes que cette année-là. Je me souviens aussi de la rareté de l’essence.
Nous avions ressorti les chevaux pour déchausser les vignes, c’est-à-dire
libérer le cep de la terre qui s’est naturellement accumulé autour de lui afin
de lui faciliter la croissance. »«Aujourd’hui… J’ai le sentiment aujourd’huique l’on est passé du XIXe au XXe siècle au niveau des relations sociales dans l’entreprise. Mai
: J.-B. G.










