Il y a 40 ans … Le 19 mai 1968
« LES POLITIQUES S’EN MÊLENT »
SÉRIE. « La crise se hausse au politique » titre « Sud
Ouest Dimanche », précédé de ce texte : « De l’Odéon au Palais Bourbon et des
étudiants aux parlementaires ».
La classe politique s’inquiète donc, à l’image du général de
Gaulle qui, avant son départ de Roumanie, glisse à son hôte Ceaucescu : « Nous
recevons actuellement une leçon d’humilité et nous allons vous imiter en créant
un examen sélectif d’entrée en faculté ». Les prises de paroles et de position
des politiques se multiplient. Waldeck Rochet, le patron du Parti communiste, «
vient d’entrouvrir ses sabords et d’avancer ses bombardes. Il déclare : Le PC
est prêt à assumer toutes ses responsabilités. »
Pendant ce temps, « les mouvements ouvriers s’étendent mais
le mot de « grève générale » n’a pas encore été nulle part prononcé. Les
mouvements sociaux s’amplifient. On note toutefois un geste : les cadres
séquestrés ont été laissés libres de regagner leur domicile. Les débrayages se
multiplient dans les entreprises. »
LE TÉMOIN Dominique Platon Contrôleur des douanes
« Je me souviens surtout… que j’avais 20 ans et venais
de débarquer dans la vie. Je ne comprenais d’ailleurs pas très bien ce qui se
passait. Tous mes collègues au bureau des impôts étaient partis en grève, sauf
moi. Je venais à peine de commencer et j’étais contente de mon salaire. Je me suis
contentée de vivre cette période en tant que spectatrice. Mon père, René
Fermiger, était lui commissaire de police et ne rentrait à la maison que quand
la fatigue avait eu raison des constructeurs de barricades. »« Aujourd’hui… Je trouve que mai 68 avait apporté des changements positifs. La hausse du salaire, la libération de la femme… Mais aujourd’hui, je note un retour en arrière. Un gouvernement qui ne veut pas entendre le peuple, des riches qui deviennent plus riches. Si j’ai été spectatrice de mai 68, aujourd’hui je suis prête à aller en ville pour manifester. »
: Martine Théodore-Lajoie
(avec le service documentation)










