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Il y a 40 ans… Le 22 mai 1968

« GRÈVE ET FERMETURES »

SÉRIE. « La crise devant le Parlement : le grave débat sur la motion de censure donne un tour nouveaux événements, marque la Une de « Sud Ouest ». Mais aussi : « Le mouvement des grèves s’amplifie, mais la CGT se déclare prête à la discussion ».

En Gironde l’usine Badou reprend le travail. Des autobus privés sont mis en service. Les écoles sont fermées aujourd’hui. Il n’y a toujours pas de courrier. Essence : les stocks sont suffisants. Sécurité sociale : portes fermées. Les transports routiers resteront assurés. Grève générale à l’ORTF. »

En Gironde, des fermetures ne cessent d’être annoncées : plusieurs mairies de la communauté bordelaise, la Caisse d’épargne, les école, les ateliers de la Snecma, ceux de Sud-Aviation, ceux de Marcel Dassault (Martignas, Mérignac, Talence), la CENPA à Bègles, les laboratoires Labaz, la cellulose du Pin… Dix-sept bateaux bloqués au port et deux cargos de primeurs détournés. Les congés sont suspendus à la police.



LE TÉMOIN
Christian Baqué Instituteur à la retraite, Monbrier

Christian Baque« Je me souviens surtoutde l’énorme manifestation du 13 mai à Bordeaux. Près de 10 millions de grévistes pendant plus d’un mois. Au lycée, à la fac, nous avons débattu des jours, constitué des « commissions », refait la société. Nos comités de grève n’étant pas coordonnés avec les autres, avec Paris, nous n’avons pas eu l’unité jusqu’au bout. Toutefois ces mois furent déterminants pour mon engagement, qui n’a cessé depuis. »

« Aujourd’hui… tout reste posé, avec encore plus d’acuité en France et à l’échelle internationale. 4 millions de personnes en France sous le seuil de pauvreté. Salaires, retraites, Sécurité sociale, services publics sont gravement remis en cause. Plus que jamais le « tous ensemble » se pose. Je suis engagé dans la construction d’un parti ouvrier indépendant, pour la rupture avec les institutions anti-démocratiques de cette Union européenne capitaliste. »

: Martine Théodore-Lajoie


 


Il y a 40 ans… Le 21 mai 1968

« LA FRANCE S’ENFONCE »

SÉRIE. « A quelques heures du débat sur la censure et alors que des millions de travailleurs font grève la France s’enfonce dans la crise politique et sociale » : ce titre barre la Une de « Sud Ouest ». Un peu partout en Gironde, beaucoup de secteurs sont « touchés par une grève illimitée ».

Un article marque l’ambiance : « Une certaine inquiétude se manifeste dans la population et, déjà, on signale des retraits importants dans les banques dans la seule matinée d’hier où les établissements étaient encore ouverts. Par ailleurs, on a noté des achats plus nombreux dans l’alimentation. Chez les pompistes, des automobilistes sont venus faire leur plein et même des réserves. Certains postes étaient à sec hier soir. Indiquons cependant que le ravitaillement en essence ne devrait, pour l’instant, causer aucune panique inconsidérée parmi les usagers. »



LE TÉMOIN Jean-Pierre Xiradakis Restaurateur Bordeaux

Jean-Pierre Xiradakis« Je me souviens surtoutque j’avais 23 ans. J’étais un peu fou. Je cherchais un local pour ouvrir un restaurant à Bordeaux. Pourtant je n’avais pas de formation de cuisinier. Autour de moi il y avait des jeunes qui voulaient changer la France. Tout nous poussait à croire que tout allait changer et c’est ce qui m’a poussé à l’aventure. En période plus calme je n’aurais peut-être pas osé. Comme je n’avais pas les moyens d’ouvrir mon restaurant dans le centre de Bordeaux, je suis allé du côté de la gare St-Jean, un quartier plus populaire. »

«Aujourd’hui… je pense que cette période a été un détonateur. Beaucoup de choses ont changé. Par exemple la liberté des corps et de l’esprit. Ça a aussi eu un impact sur le plan politique et a aussi touché l’esprit des philosophes. Globalement Mai 68 a apporté un changement positif. »

: Martine Théodore-Lajoie

(et le service documentation)


 


Il y a 40 ans … Le 20 mai 1968


« NON A LA CHIENLIT »

SÉRIE. A la Une de « Sud Ouest » : « Plus de 2 millions de grévistes à l’aube d’une semaine capitale ». Mais aussi la fameuse formule du général de Gaulle : « La réforme, oui ; la chienlit, non ».

« De nombreux dirigeants politiques se prononcent pour la démission du gouvernement. »

La grève s’amplifie à l’échelon national et Bordeaux n’est pas en reste. En ébullition permanente, les facultés ressemblent à de véritables cocotte-minute. Les examens ne cessent d’être reportés de huitaine voire de quinzaine. Les assemblées générale se succèdent.

La gare Saint-Jean est désormais fermée et les cheminots disent s’engager vers un mouvement illimité. A la Bourse du travail, la CGT dit souhaiter « l’unité avec les autres organisations syndicales pour développer la lutte ».



LE TÉMOIN Philippe Serra Beatnik, retraité de l’imprimerie, Bègles

Philippe Serra« Je me souviens surtout… J’étais dans une espèce de communauté, à Sadirac, j’étais beatnik, j’avais roulé pas mal, avec les provos à Amsterdam, à Londres, Mouna Aguigui. Pour moi la France, c’était foutu. J’avais en mémoire le putsch des généraux. On était loin de la politique et de l’idée de changer les choses. Mais quand on a su que ça bougeait à Bordeaux, on est venu, pour la manif avant la nuit des barricades. J’ai participé aux deux. Mais pour moi, c’était comme un happening. J’étais involontairement militant. »

«Aujourd’hui… Je pense toujours que la sociologie, c’est comme la tectonique des plaques. En 68, c’était la collision entre la plaque de la génération de la guerre et de la reconstruction, et la nôtre, celle de l’opulence et de la jouissance. Mais 68 était en haut de cet Himalaya qui sest formé entre les deux. Maintenant que je suis père et grand-père, je me demande quelle sera le résultat de la dérive avec la plaque suivante, la génération de la rareté. J’ai peur qu’il y ait une vraie fracture. »

 


21 mai 2008 - Aucun commentaire
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Il y a 40 ans … Le 19 mai 1968



« LES POLITIQUES S’EN MÊLENT »

SÉRIE. « La crise se hausse au politique » titre « Sud Ouest Dimanche », précédé de ce texte : « De l’Odéon au Palais Bourbon et des étudiants aux parlementaires ».

La classe politique s’inquiète donc, à l’image du général de Gaulle qui, avant son départ de Roumanie, glisse à son hôte Ceaucescu : « Nous recevons actuellement une leçon d’humilité et nous allons vous imiter en créant un examen sélectif d’entrée en faculté ». Les prises de paroles et de position des politiques se multiplient. Waldeck Rochet, le patron du Parti communiste, « vient d’entrouvrir ses sabords et d’avancer ses bombardes. Il déclare : Le PC est prêt à assumer toutes ses responsabilités. »

Pendant ce temps, « les mouvements ouvriers s’étendent mais le mot de « grève générale » n’a pas encore été nulle part prononcé. Les mouvements sociaux s’amplifient. On note toutefois un geste : les cadres séquestrés ont été laissés libres de regagner leur domicile. Les débrayages se multiplient dans les entreprises. »



LE TÉMOIN Dominique Platon Contrôleur des douanes

Dominique Platon« Je me souviens surtout… que j’avais 20 ans et venais de débarquer dans la vie. Je ne comprenais d’ailleurs pas très bien ce qui se passait. Tous mes collègues au bureau des impôts étaient partis en grève, sauf moi. Je venais à peine de commencer et j’étais contente de mon salaire. Je me suis contentée de vivre cette période en tant que spectatrice. Mon père, René Fermiger, était lui commissaire de police et ne rentrait à la maison que quand la fatigue avait eu raison des constructeurs de barricades. »

« Aujourd’hui… Je trouve que mai 68 avait apporté des changements positifs. La hausse du salaire, la libération de la femme… Mais aujourd’hui, je note un retour en arrière. Un gouvernement qui ne veut pas entendre le peuple, des riches qui deviennent plus riches. Si j’ai été spectatrice de mai 68, aujourd’hui je suis prête à aller en ville pour manifester. »

: Martine Théodore-Lajoie

(avec le service documentation)

19 mai 2008 - Aucun commentaire
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Il y a 40 ans …Le 16 mai 1968

 



« EXAMENS BOYCOTTÉS »

SÉRIE.« Étudiants : contestation générale dans les amphis parisiens ». Ce titre qui barre la Une de « Sud Ouest » accompagne un texte où il est question du boycottage total des examens à la Sorbonne. « Le calme est certes revenu dans les rues mais la “révolution culturelle” de l’Université se poursuit dans la “contestation générale” de tout le système d’enseignement français. À la Sorbonne, haut lieu entre tous de cette agitation sans précédent, occupée jour et nuit, les étudiants ont adopté hier une résolution en faveur du boycottage total des examens.

En province, la grève des cours se poursuit selon des modalités qui varient suivant les villes universitaires. À Bordeaux, les étudiants demandent la création d’un comité de la Faculté des sciences. » Aussi, l’École des Beaux-Arts et celle des Architectes sont occupées par les élèves. En médecine et en lettres, l’actualité porte sur le report des examens.

LE TÉMOIN Jean Cayres Cheminot retraité, Bègles

Jean Cayres« Je me souviens surtout…On a fermé les grandes portes voyageurs de la Gare Saint-Jean et puis nous sommes partis vers le poste d’aiguillage. Nous l’avons gardé jour et nuit pendant toute la durée du conflit, afin de bloquer les trains mais aussi d’empêcher tout sabotage que nous craignions vraiment à l’époque. Aucun train n’a circulé. J’avais 30 ans et je n’avais pas bien conscience de l’allure que prenait le mouvement. »

« Aujourd’hui…Pour sûr, il faudrait recommencer pour sauver l’outil de travail. On n’embauche plus sur le statut, de plus en plus de cheminots sont sous contrats privés, les entreprises nationales sont vendues. Je suis parti à la retraite en 1991, mais je viens tous les mardis à l’Union Locale CGT rejoindre d’autres retraités cheminots, pour que les salariés d’aujourd’hui ne perdent pas ce que nous avions gagné à l’époque. »

: Françoise Lissonde

(et le service documentation)


16 mai 2008 - Aucun commentaire
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Il y a 40 ans … Le 15 mai 1968



« RÉVOLUTION »

SÉRIE. « L’université en révolution » écrit « Sud Ouest » à la Une, suivie de trois points forts : « La Sorbonne est déclarée autonome. Boycott des examens par l’Unef. Menace de démission collective des doyens des Lettres ». À Bordeaux, la grève générale a été massivement suivie par « 13 000 ? 20 000 ? Davantage peut-être ? », s’interroge « Sud Ouest ». « Rarement notre cité avait été le théâtre d’un rassemblement aussi spectaculaire. Les slogans : ”À bas la répression”, ”Libérez nos camarades”, ”Augmentation des salaires”, ”Universités du peuple”. » Des estimations sont publiées concernant les grévistes : SNCF : Bordeaux-Saint-Jean, matériels et traction 74 %, exploitation 42 %, voies et bâtiments 34 %. PTT : 43 %. GDF : 90 %. EDF : 70 %. Autobus : 70 % (80 voitures en circulation sur 278). Dassault : 85 %. Finances : 18 %. Travailleurs de l’État : 60 %. Hospitaliers : 15 %. Sécurité sociale : 20 %. Port : 100 %. Ponts et chaussées : 2 %. Éducation nationale : 90 % primaire et secondaire, 100 % supérieur.



LE TÉMOIN David Maxwell Retraité, Bordeaux

David Maxwell« Je me souviens surtout… que j’étais commissaire adjoint de 1re classe sur le paquebot France. En route de New-York vers la France, nous n’avions pas pris les nouvelles de grèves trop au sérieux au départ. Jusqu’à ce que la CGT nous mette la pression. Avant de rentrer en grève, nous avons débarqué nos passagers à Southampton, en Angleterre. Arrivant au Havre, tout le portuaire était en grève. Le commandant a dû mettre le navire à quai sans pilote ni remorque. Nous avons verrouillé le navire pour garder le contrôle mais nous étions pressés de repartir. »



« Aujourd’hui… je pense que cette grève a été un coup très dur pour la marine marchande française. D’ailleurs elle n’est plus très brillante. C’est la CGT qui en est responsable. Ce sont des démolisseurs. Personnellement, cette période de mai 68 a aussi marqué la fin de ma carrière de navigateur. »

: Martine Théodore-Lajoie

(et le service documentation)

15 mai 2008 - Aucun commentaire
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Il y a 40 ans… le 14 mai 1968



« PAS DE JOURNAUX »

SERIE. La presse française est absente des kiosques en ce matin du 14 mai 1968, au lendemain de la grève générale. Dès lors, la défaite des Girondins de Bordeaux en finale de la Coupe de France de football contre Saint-Etienne (2-1) passe inaperçue. Le capitaine stéphanois, Robert Herbin, a reçu le trophée des mains de Jacques Chaban-Delmas, député-maire de Bordeaux, président de l’Assemblée nationale.

Une Assemblée nationale où ce 14 mai fut le théâtre de tumultueux débats. Georges Pompidou a annoncé que le général de Gaulle s’adresserait au pays le 24 mai. La grève générale du 13 mai a été massivement suivie partout en France. Après Strasbourg, la Sorbonne occupée s’est proclamée « Université autonome ». « A Bordeaux, la place de la Victoire fut totalement submergée par la marée humaine », lit-on dans « Sud Ouest » le surlendemain, photo à l’appui.



LE TÉMOIN Michel Dupart Cheminot conducteur, Bordeaux

Michel Dupart«Je me souviens surtout… d’une grande manif dans les rues d’Arcachon avec les autres entreprises, comme La Cellulose ; ils n’ont pas dû en voir souvent là-bas. Comme j’habitais encore chez mes parents, sur le Bassin, j’y étais retourné. Avec une centaine de cheminots on a occupé la gare de Facture. On faisait les 3 x 8, mais comme j’étais mineur les copains ne voulaient pas que je fasse les nuits. »

«Aujourd’hui… Je suis convaincu que nous avons gagné beaucoup de choses dans ce mouvement et que nous devons défendre ce qu’il en reste. Sur la durée du travail, sur la formation, sur la défense du service public et d’une manière générale le statut. Malgré la retraite, je reste mobilisé. Quand j’ai commencé on faisait 46 heures et on travaillait le samedi jusqu’à midi. La SNCF formait des milliers de cheminots dans ses écoles, à 14 ans quand je suis rentré en apprentissage, mon avenir était assuré. Aujourd’hui les jeunes ne sont plus assez aidés. »

: Françoise Lissonde

(et le service documentation)

14 mai 2008 - Aucun commentaire
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Il y a 40 ans … Le 13 mai 1968



« GRÈVE GÉNÉRALE »

SÉRIE. « Le pays paralysé aujourd’hui par la grève générale ». « Sud Ouest » annonce la couleur en Une. Pas d’autobus. Pas de train. Pas d’école. « L’ordre de grève lancé par les grandes centrales syndicales à la suite des événements du Quartier Latin, sera généralement suivi à Bordeaux et en Gironde.

« C’est ainsi que les autobus urbains et suburbains ne fonctionneront pas, qu’il n’y aura pas de classe, pas de cours dans les Facultés, peu de courriers et peu de trains. Il est également à craindre des baisses de pression de gaz et des coupures de courants. Dans beaucoup d’administrations, le personnel cessera le travail et certaines entreprises ne pourront fonctionner. » Une manifestation est programmée place de la République rassemblant travailleurs, étudiants et enseignants. « Sud Ouest » donne la parole aux responsables et représentants des différents syndicats.

Comme l’ensemble de la presse française « Sud Ouest » annonce qu’il ne paraîtra pas le mardi 14 mai.



LE TÉMOIN Aymar de Blomac PDG agence de communication, Bordeaux

Aymar de Blomac«Je me souviens surtout… que je n’étais pas en France. Né en Dordogne, j’étais au Maroc. Les événements en France _ où je suis rentré fin 68 _ nous arrivaient de façon très atténuée. Ils avaient, à mes yeux, quelque chose d’exotique et de lointain. Je me souviens par exemple qu’il y avait des problèmes d’essence. Mais, âgé de 15 ans, mes préoccupations étaient tout autres. »

« Aujourd’hui… j’ai le sentiment que de mai 68, il reste la partie rêvée, un mythe auquel beaucoup de gens se réfèrent. L’effet le plus important dans la société actuelle est dans la représentation des événements, dans l’imaginaire. Mais il y a aussi des aspects plus profonds ; 68 a été le point de départ de rapports humains plus décomplexés. »

: Michel Monteil

(et le service documentation)

13 mai 2008 - Aucun commentaire
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Il y a 40 ans…. Le 12 mai 1968




« LA NUIT DES BARRICADES »

SÉRIE. Historique. La Une de « Sud Ouest Dimanche » est entièrement consacrée aux émeutes nocturnes qui se sont déroulées à Paris. « Le jour se lève rue Gay-Lussac, à Paris, sur un spectacle de désolation, résultat des manifestations d’une violence inouie qui, dans la nuit de vendredi à samedi, ont embrasé le Quartier Latin, à partir de deux heures du matin. 188 carcasses de voitures incendiées, débris de toutes sortes jonchant la chaussée, façades roussies, torrents d’eau ruisselant le long des trottoirs, chaussées dépavées… Sur les toits, des silhouettes se profilent parmi les cheminées : ce sont les rescapés de la bataille rangée qui, toute la nuit, a opposé forces de l’ordre et étudiants. Jamais la violence n’avait atteint une telle intensité et, dans les rues dévastées, où flotte encore l’odeur des grenades lacrymogènes, commerçants, touristes passants ont fait, durant toute la matinée de samedi, un bilan sinistre de neuf heures d’émeute. » Une grève générale est annoncée pour le 13 mai en France.



LE TÉMOIN Jacky Jonchère Vice-président 33 chasseurs

Jacky Jonchère« Je me souviens surtout… que j’étais délégué CGT dans une entreprise métallurgique de Blaye. Nous étions à la campagne et on suivait surtout les événements à la radio. On n’a pas démarré sur les chapeaux de roues ! Puis nous avons participé à une réunion à Bordeaux sur la métallurgie et en sommes revenus impressionnés et stimulés. Nous avons fait voter des revendications. »

« Aujourd’hui… Cela a peut-être un peu trop libéré la société. Des barrières ont sauté et nous avons perdu des valeurs, des principes de base sur l’éducation, le travail, le respect, l’effort. Les intellectuels ont rêvé d’une société qui était surtout du domaine du rêve, mais sûrement pas de la réalité. »

: Patrick Faure

(et le service documentation)

 


12 mai 2008 - Aucun commentaire
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Il y a 40 ans… Le 10 mai 1968



« LA TRÊVE ? »

« Étudiants : seulement une trêve ? », s’interroge « Sud Ouest » à la Une. Chacun peut également lire : « Excepté à Toulouse, où un meeting houleux a failli tourner en bataille rangée et où les étudiants ont défilé ensemble dans les rues, le calme a régné hier encore sur le “front universitaire”. Simple trêve ? Il semble que oui. M. Peyrefitte ayant annoncé que, si Nanterre rouvre ce matin, la Sorbonne allait rester fermée jusqu’à nouvel ordre. À nouveau, l’impatience des étudiants parisiens grandit et l’Unef a pris contact avec la CGT et la CFDT en vue d’actions communes d’envergure, qui peuvent voir renaître la violence. »

L’actualité, c’est aussi les Girondins de Bordeaux qui préparent la finale de la Coupe de France de football à Colombes, contre Saint-Étienne. C’est aussi le second français au cœur greffé, un Sétois de 64 ans, Joseph Reynes. C’est également le sénateur Robert Kennedy qui, dans les primaires américaines, vient de remporter la bataille de l’Indiana face à Eugène Mac Carthy.



LE TÉMOIN Jean-Pierre Augustin Professeur à Bordeaux 3

Jean Pierre Augustin«Je me souviens surtout… J’avais 24 ans, j’étais directeur du centre d’animation Carle-Vernet, je m’occupais de jeunes. Encore étudiant, j’étais aussi impliqué dans l’Université. En mai, on a eu des échanges avec les syndicalistes des usines du quartier, des tables rondes. Ce mois a renforcé l’idée d’organiser des débats, dans ces équipements nouveaux. Il y avait tout un travail d’expérimentation autour. »

«Aujourd’hui… Ces équipements, centre sociaux et maisons de quartier, se sont multipliés. Ça a fait école. Mon travail universitaire a été influencé par mai 68, et la nécessité d’aménager des lieux collectifs dans une ville pour faire lien. Aujourd’hui, je dirige un master spécialisé en ingénierie d’animation territoriale qui vise à former des acteurs susceptibles d’inventer de nouveaux modes de relations sociales. »

: Isabelle Castera

(et le service documentation)