Il y a 40 ans… le 14 mai 1968
« PAS DE JOURNAUX »
SERIE. La presse française est absente des kiosques en
ce matin du 14 mai 1968, au lendemain de la grève générale. Dès lors, la
défaite des Girondins de Bordeaux en finale de la Coupe de France de football
contre Saint-Etienne (2-1) passe inaperçue. Le capitaine stéphanois, Robert
Herbin, a reçu le trophée des mains de Jacques Chaban-Delmas, député-maire de
Bordeaux, président de l’Assemblée nationale.
Une Assemblée nationale où ce 14 mai fut le théâtre de
tumultueux débats. Georges Pompidou a annoncé que le général de Gaulle
s’adresserait au pays le 24 mai. La grève générale du 13 mai a été massivement
suivie partout en France. Après Strasbourg, la Sorbonne occupée s’est proclamée
« Université autonome ». « A Bordeaux, la place de la Victoire fut totalement
submergée par la marée humaine », lit-on dans « Sud Ouest » le surlendemain,
photo à l’appui.
LE TÉMOIN Michel Dupart Cheminot conducteur, Bordeaux
«Je me souviens surtout… d’une grande manif dans les
rues d’Arcachon avec les autres entreprises, comme La Cellulose ; ils n’ont pas
dû en voir souvent là-bas. Comme j’habitais encore chez mes parents, sur le
Bassin, j’y étais retourné. Avec une centaine de cheminots on a occupé la gare
de Facture. On faisait les 3 x 8, mais comme j’étais mineur les copains ne
voulaient pas que je fasse les nuits. »«Aujourd’hui… Je suis convaincu que nous avons gagné beaucoup de choses dans ce mouvement et que nous devons défendre ce qu’il en reste. Sur la durée du travail, sur la formation, sur la défense du service public et d’une manière générale le statut. Malgré la retraite, je reste mobilisé. Quand j’ai commencé on faisait 46 heures et on travaillait le samedi jusqu’à midi. La SNCF formait des milliers de cheminots dans ses écoles, à 14 ans quand je suis rentré en apprentissage, mon avenir était assuré. Aujourd’hui les jeunes ne sont plus assez aidés. »
: Françoise Lissonde
(et le service documentation)










