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Mai 68 commenté par Yves Harté

Chaque matin, à 6h22 très précisément, Radio France Bleu Gironde diffuse sa chronique “Génération Sud Ouest”. Actuellement, à l’occasion de la sortie du numéro spécial édité par “Sud Ouest”, Yves Harté détaille l’actualité de Mai 68, thème par thème.



supplement couv Présentation du supplément Mai 68 :

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mai 68 cinema Le cinéma en 1968
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mai 68 accidents Les accidents en 1968 (1)
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mai 68 accidents2 Les accidents en 1968 (2)
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mai 68 bouchons Les bouchons en 1968
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mai 68 voitures Quelles voitures en 1968 ?
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mai 68 aeroport L’aéroport en 1968
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mai 68 marchandises Marchandises sur le port en 1968
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mais 68 les bateaux sur les quais Les bateaux sur les quais en 1968
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mai 68 quais Les quais en 1968
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mai 68 port bordeaux Le port de Bordeaux 1938-1968
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mai 68 meriadeck Meriadeck en 1968
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mai 68 nouvel habitat Le nouvel habitat en 1968
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mai 68 ponts Les ponts en 1968

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mai 68 chaban Chaban l’omniprésent en 1968
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mai 68 P39 etudiants Les étudiants et les facs en 1968 :
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mai 68 bizutage Le bizutage en 1968 :

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mai 68 sorties Lieux de sorties des étudiants en 1968 :

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mai 68 habitudes Les habitudes scolaires changent en 1968 :

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mai 68 pilule La pilule, les jeunes en 1968 :

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mai 68 conso La consommation en 1968 :

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mai 68 television La télé en 1968 :

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mai 68 espagne Le Bordeaux espagnol en 1968 :

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mai 68 P19 JO Les sports en 1968 : Les JO au Mexique

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mai 68 P20 rugby Les sports en 1968 : Le rugby

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mai 68 P24 clubs Les sports en 1968 : Le BEC (Bordeaux Etudiants Club)

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Mai 68 P22 Girondins Les sports en 1968 : Les Girondins de Bordeaux

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mai 68 P39 etudiants Les étudiants et la jeunesse en 1968

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17 avril 2008 - Aucun commentaire
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Mai 68 : Vous reconnaissez-vous ?


Jusqu’à fin avril, dans l’édition de Bordeaux de “Sud Ouest”, nous publions une série de clichés datés de mai-juin 1968 et tirés des archives du journal “Sud Ouest”. Dans l’espoir que certains d’entre vous se reconnaîtront et nous feront signe. Pour, éventuellement, raconter les souvenirs qu’ils gardent du jour où fut pris le cliché. Voire pour renouer avec certains de leurs camarades de l’époque. Et, pourquoi pas, refaire la photo?

A partir du mois de mai, nous vous livrerons les meilleures histoires issues de ces photos quarante ans plus tard.

Pour apporter votre témoignage :

  • contact@sudouest.com
  • 1, place Jacques Lemoîne 33094 Bordeaux Cedex.
  • Laissez un message sur notre répondeur numérique : 05.56.00.34.34

(cliquez sur les vignettes des photos ci-dessous pour les agrandir et accéder à l’article qui s’y rapporte)



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10 avril 2008 - 1 commentaire
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Les vidéos avec Philippe Sollers

9 avril 2008 - Aucun commentaire
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Philippe Sollers, rédacteur en chef d’un jour à “Sud Ouest”

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Dominique de Laage, Patrick Venries, Yves Harté, Philippe Sollers, lors de la conférence de rédaction matinale, mercredi 9 avril 2008

Mercredi 9 avril, Philippe sollers coiffe pour une journée la casquette de rédacteur en chef du journal « Sud Ouest ».


L’interview sonore de Philippe Sollers


Les vidéos avec Philippe sollers


Verbatim


 

L’INVITE.1968-2008 : l’écrivain Philippe Sollers a revisité hier, aux côtés des journalistes de « Sud Ouest », quarante années d’évolution de la société française. Les extraits VIDEOS de la conférence de rédaction. Découvrez et écoutez l’entretien !


Philippe Sollers : «C’est la lutte des places»



Où étiez-vous dans la nuit du 22 au 23 mars 1968 ?

« Sud Ouest ». Il y a quelques années, vous constatiez que la société française était hantée par trois fantômes : Vichy, l’Algérie et Mai 68. Est-ce que depuis on n’y voit pas un peu plus clair avec Mai 68 ?
Philippe Sollers. Je ne crois pas. Avec Vichy, nous continuons d’être dans la remémoration. Papon, Bousquet? Nous n’avons jamais arrêté d’en parler. L’Algérie, il n’y avait pas eu de guerre. On parlait simplement du maintien de l’ordre. Beaucoup de mes amis y ont été tués ou gravement blessés. Personnellement, je dois la vie à André Malraux, qui m’a aidé à me faire réformer. Il a fallu trente ans pour aborder le sujet. Mai 68 est le troisième placard.

Comment expliquer qu’un candidat à la présidence de la République - Nicolas Sarkozy -, dans une manifestation de masse, ait pu s’exclamer qu’il fallait “liquider l’héritage de Mai 1968 quarante ans après” ?
Il y a des faits, dans l’histoire de France, qui ne passent pas. La commémoration de Mai 68 est confiée au discours quasiment officiel des sociologues ou des philosophes.

Démocratisation de l’enseignement, libération sexuelle, statut des femmes, rapports parents-enfants, rapports enseignants-élèves, droit syndical, début de l’écologie, etc. Dans quels domaines s’est située la plus grande mutation ?

Incontestablement, le statut des femmes. Et d’une façon générale, les moeurs. Et ensuite, l’information. N’oubliez pas qu’il a fallu attendre beaucoup de temps pour qu’elle soit libérée.

Le discours de Nicolas Sarkozy sur la liquidation de l’héritage de Mai 68 vous a choqué.
Non… Je me suis simplement demandé, hormis la manoeuvre visant à séduire les gens du Front national, pourquoi surgissait soudain cette peur extraordinaire ? Liquider quoi ? Quel est ce spectre qui demeurerait quarante ans après ?

L’élection de Nicolas Sarkozy, c’est du nouveau dans la société française, non ?
Il y avait une sorte d’essoufflement et de fatigue générale. Au début de la campagne, on pouvait penser que l’image de Ségolène Royal pouvait faire la différence. Mais le son n’a pas été à la hauteur de l’image. Sarkozy a été élu sur l’idée de la rupture. Cette idée n’a pas un an. La désaffection qui le touche aujourd’hui est extraordinairement rapide. Elle tient à une façon d’être. C’est-à-dire l’exhibition, l’argent, quelque chose qui ne colle pas avec un « sacré » de la fonction présidentielle. De plus, sur le plan de la politique internationale, nous semblons aller à rebours. C’est 1958 qu’il est en train de liquider. Un an après son élection, le pouvoir d’achat, la rigueur dissimulée pèsent déjà très lourd.

La gauche n’est pas une alternative crédible ?

68 avait mis en lumière la culture et ceux qui la portaient. Quarante ans après, vous soulignez un certain nombre de régressions. Parmi lesquelles l’inculture, l’illettrisme aggravé, un retour aux valeurs sécuritaires et plus identitaires. Est-ce vraiment si noir ?

Il est un sujet sur lequel je me bats constamment. Il y a évacuation des connaissances historiques. Presque plus personne ne sait le fil de l’histoire. Nous assistons à une perte quasi neurologique de capacité de lecture. Si on ne sait plus lire, il n’y a plus de formation de l’esprit critique. Cela veut dire que l’on ne peut plus comparer. Si l’histoire et la capacité de lecture disparaissent, c’est-à-dire le temps et la mémoire, vous préparez des esclaves parfaitement déterminés à obéir. C’est très grave.

La France aurait conservé une véritable allergie au changement et elle aurait vraiment peur de l’avenir. Vous le pensez ?

Je le constate. Et notamment par rapport à l’Europe. Il y a une peur du monde entier, une peur d’être dérangé dans une petite routine hexagonale. La plupart des intellectuels que je connais ne s’intéressent pas à l’Europe. Ils sont très pris par les problèmes fondamentaux du Proche-Orient, du Moyen-Orient, de l’Afghanistan, de l’Irak, de l’Iran, etc., s’intéressent beaucoup à ce qui se passe aux États-Unis, en Israël, en Palestine. Mais ils ne savent pas ce qu’est l’Europe, au sein de laquelle ils ne voyagent pas. Ils ne connaissent pas les langues européennes.

Est-ce que la France d’aujourd’hui est plus juste que celle de 1968 ?
L’exhibition de la richesse n’a jamais été aussi arrogante, y compris dans les plus hautes sphères de l’État. La misère est installée, et je ne parle pas des banlieues. Je ne crois pas que l’on puisse parler aujourd’hui de justice.

En 1968, on se battait contre des entités proches comme la famille, l’école ou l’Institution. Aujourd’hui, comment appréhender le marché, le libre-échange, la mondialisation, c’est-à-dire un mur invisible ?
La situation est très différente. La question d’aujourd’hui, c’est moins d’adhérer à tel programme social que de s’interroger avec intensité sur la vie que l’on mène soi-même. L’individualisme tellement combattu est devenu une valeur importante.

1968 s’était beaucoup intéressé à la reconnaissance de l’individu. L’individu reconnaît maintenant son nombril.

Il s’intéresse à sa fonction sociale d’esclave volontaire, ce qu’il peut appeler son nombril. Il se préoccupe uniquement de son image sociale dans une société égoïste où chacun lutte pour son image, son bout de terrain. Ce n’est pas la lutte des classes, c’est la lutte des places. Comme nous le voyons par exemple au Parti socialiste.

Quelles sont les utopies de 2008 ?

Ce nouveau monde géré par la communication vous plaît néanmoins ?

Cela me va parfaitement. Tout le problème est de savoir si l’on sait s’en servir ou pas et si l’on devient ou non la prothèse de l’appareil. L’être humain va-t-il se laisser dominer par la technique ou aura-t-il la capacité nerveuse de prendre ce dont il a besoin au moment voulu ? C’est l’enjeu décisif. Peu de gens, malheureusement, domineront cette situation. C’est d’autant plus dangereux que l’instrument prend une ampleur mondiale.

La Chine de 2008 est-elle celle qui vous a fait rêver dans les années 70, lorsque vous étiez maoïste ?

En fait, je suis amoureux de la culture millénaire chinoise. Ces trois mille ans me font toujours rêver. À cause de son système totalitaire communiste, nous nous sommes habitués à penser qu’il s’agissait d’une colonie russe, d’une Russie bis. Il n’est pas raisonnable que tant de gens ignorent la Chine. Son histoire est complètement occultée par nos préjugés occidentaux. Je suis évidemment pour le respect des droits de l’homme partout et sans ménagement, y compris au Tibet. Mais il y a une question de fond : comment allons-nous faire la jonction avec ce continent énorme ?

Reste aussi la violence au Tibet ?
Elle masque l’affrontement qui va avoir lieu au XXIe siècle. Le XXe a été américano-russe. Le XXIe sera chinois. Il l’est d’ailleurs déjà. Il est certain qu’il y aura un conflit majeur entre l’empire américano-russe et la Chine, avec l’Inde au milieu.

Les manifestations dans le monde contre le passage de la flamme olympique semblent provoquer un effet inverse, c’est-à-dire un durcissement de la position chinoise ?
Franchement, tout cela est d’une fantastique hypocrisie. Nous réalisons des affaires gigantesques avec la Chine. Alors, s’il faut protester, interrompons le business et cessons de tomber à bras raccourcis sur les sportifs. En réalité, tout le monde sait que les Jeux auront lieu et que le commerce continuera.

Vous ennuyez-vous de nouveau, comme avant 1968 ?

Que diriez-vous aux jeunes qui n’ont pas vécu mai 1968 ?



:Recueilli par Christian Seguin

Photos Jean-Jacques Saubi


 

 

L’interview sonore de Philippe Sollers

Les vidéos avec Philippe sollers

Verbatims

 

Portrait : Sollers de Ré et de Bordeaux

Est-ce son sourire, qu’il veut intrigant, qui le masque ? Est-ce son esprit à facettes qui joue au tennis - ou mieux, à la paume - avec son interlocuteur ? Peut-être. Mais, derrière le Sollers mille fois vu et revu, mille fois entendu, se cache un autre homme certainement aussi vrai et aussi complexe que celui qui joue au bateleur depuis quarante ans sur toutes les estrades parisiennes.
Ce Sollers-là est de Bordeaux et l’île de Ré. Puissamment et en véritable conscience. De Bordeaux, parce qu’il y est né, sur la route alors dite d’Espagne, qui vit cette même année passer le premier des exodes d’une décennie de fureur, de flammes, d’horreurs, et le long cortège des réfugiés espagnols qui fuyaient les débuts de la guerre civile. De Bordeaux, parce que c’est là qu’il connut l’enfance choyée d’un enfant aimé des femmes au milieu d’un parc et d’une haute maison, les lycées encore bonapartistes de Montesquieu puis Montaigne et les amours d’adolescent, ceux qui marquent pour la vie.
De Ré, parce qu’un ancêtre navigateur eut le bon oeil de voir au beau milieu de l’île des miroitements vénitiens et qu’il y fit construire une maison qui est aujourd’hui comme un refuge.
C’est ce Sollers-là qu’il faut également connaître, avec sa stupéfiante curiosité, sa connaissance des faits minuscules de la ville et de la région, et sa passion jamais inassouvie de sa ville de Bordeaux « punie par le XIXe siècle et aujourd’hui rendue à Stendhal ». Et c’est lui qui était hier dans les coulisses de « Sud Ouest », à l’occasion de la sortie de notre supplément « Bordeaux 68 », pour évoquer quarante ans de vie française.

Christian Seguin

 


 

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Le supplément Mai 68 de “Sud Ouest”

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A partir du mercredi 9 mai, mise en vente du supplément Mai 68 préparé par “Sud Ouest”


MÉMOIRES DE 68


Après l’évocation de l’été 36 dans les Landes et celle des années 50 au Pays basque, «Sud Ouest» ouvre sous vos yeux le chapitre “Bordeaux 68″ dans l’album des mémoires de la région Pourquoi l’année 68, pourquoi Bordeaux ? Parce que le quarantième anniversaire des évènements de mai, s’il est à l’origine du hors-série dont nous vous proposons la lecture, ne résume pas à lui seul le rôle que jouait la capitale de l’Aquitaine cette année-là.

Alors que la France découvre la vie moderne au plus fort des trente années glorieuses qui suivirent la fin de la Seconde guerre mondiale, Bordeaux vit dans le sillage alerte de son maire, Jacques Chaban-Delmas. Celui qui s’apprête à vivre l’apogée de sa carrière politique, puisqu’il va devenir Premier ministre puis candidat (malheureux) à l’élection présidentielle, séduit, construit, inaugure. Le pont d’Aquitaine est terminé, le grand hall d’un nouveau Parc des expositions sort des marais du Lac, les grilles des quais séparent encore la ville de ses bateaux, le festival Sigma choque les bourgeois, les plans du quartier neuf de Mériadeck sont dans les cartons.

Jacques Chaban-Delmas pressent-il qu’une nouvelle société veut éclore ? Il fera de ce thème le socle de sa candidature de 1974, mais, au premier jour des manifestations étudiantes de Mai 68, il est, comme toute la classe politique d’alors, pris de court par la fièvre qui traverse le pays. Dans la foulée de celles du boulevard Saint-Germain, Bordeaux connaît aussi ses barricades étudiantes. Les grandes manifestations débutent le 7 mai. Puis les ouvriers, les fonctionnaires, les enseignants entrent peu à peu en grève. Elle devient générale après le 14 mai, plus massive encore qu’en juin 36. “Rien ne sera plus comme avant”, dit le slogan.

Mai 68 solde le gaullisme historique. Ces huit semaines qui ont changé la société française ont également marqué la vie de la métropole aquitaine.

Tout au long de ces pages, «Sud Ouest» offre à ceux qui les vécurent d’en fixer le souvenir, et aux autres, plus jeunes, qui entendirent leurs parents ou grands-parents en parler, de mieux les comprendre.

Patrick Venries,

Directeur de l’information

 

 

  • Voir quelques pages de ce supplément en cliquant ——--> ICI








8 avril 2008 - Aucun commentaire
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Quelques pages du supplément MAI 68

8 avril 2008 - Aucun commentaire
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Vos témoignages recueillis sur les forums de “Sud Ouest”

Voici vos témoignages recueillis sur les forums de “Sud Ouest”




Bégnat : “On a pas tous les jours 20 ans”

J’étais militaire appelé de la classe 68 1/A, donc incorporé début janvier 68.

J’ai fait mes 20 ans le 20/05/68, au camp de Souge (GIRONDE).

On dit qu’on a pas tous les jours 20 ans, moi je me rappellerai des miens d’une drôle de façon !

Tous les jours en “Alerte”, prêt dans la cour de la caserne, paquetage, tenue de combat et arme, gardes avec balles réelles !

Tout ce qu’on savait, c’est que De Gaulle avait disparu et que les Russes étaient à Prague !

Quand vous êtes dans cette ambiance, je peux vous dire qu’il s’en passe des choses dans la tête !!!

Moi j’habitais Mourenx, et nous étions quelques copains du 64, on se posait la question, il n’était pas question pour nous de descendre dans les rues avec l’armée, autant déserter que de taper sur nos familles !


Même à 20 ans, on n’était pas des abrutis pour ce genre d’évènements !
Une chose est sûre, les officiers se chargeaient de nous monter la tête !
Bref, il n’y a eu rien de tout ça, mais pour moi, je pense que les premières semaines de juin ont été les plus ardues des évènements de Mai 68 !

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Récupération

En 68 j’avais 26 ans et j’étais en grève. L’impression que j’ai conservée, c’est que les OS ont pris le train en marche par peur de se faire “dépasser” par les évènements. Cela a permis les accords de GRENELLE et des avancées sociales non négligeables. Et puis les acteurs de ce mouvement ont été récupérés et sont rentrés dans le système (sf quelques uns). Dommage !

 

Analyse post soixantuitarde

En mai 68 j’avais 2 ans. Je n’ai donc pas de témoignage à vous livrer.

Par contre, je vous rejoins complètement dans votre analyse. Notre pays connaît régulièrement des épisodes de guérilla urbaine. Des individus armés tirent à balles réelles sur la police ( qui ne peut qu’interpeller ) au premier fait divers qui leur sert de prétexte. La prochaine fois, ils vont utiliser des armes de guerre ?…

Nous avons une des meilleures armées du monde dont c’est le métier d’intervenir dans ce genre de situation. Il est fort à parier que l’économie souterraine de ces individus sans foi ni loi en prendrait un sérieux coup et qu’ils réfléchiraient certainement avant d’agresser une personne âgée, un commerçant ou un passant.

Monsieur SARKOZY a basé en grande partie sa campagne sur le thème de la sécurité, par rapport aux émeutes de 2005. On fait du sur place. Je ne crois pas que punir davantage les rares jeunes interpellés, changera quelque chose immédiatement. Ce qui s’impose aujourd’hui, c’est frapper plus fort que ces individus dans leurs fourmilières à trafics et à crime organisé, avant qu’une mafia incontrôlable en prenne les commandes.

Chacun sont métier. Effectivement, à quoi sert une armée de métier si elle est utilisée uniquement à l’étranger pour protéger des sites économiquement lucratifs, sous couvert de maintient de la paix ? Notre pays est trop souvent le théâtre d’épisodes de guerre urbaine et nous en sommes les acteurs impuissants. Je me sens comme beaucoup, frustré. Frustré de ne servir qu’à rembourser les dégâts occasionnés par des individus sans foi ni loi, qui veulent tout et tout de suite sans aucune contrepartie et dont la vie humaine ou animale ne vaut rien.

Cette situation ne peut évidemment durer éternellement. J’ai 42 ans, des enfants que je m’efforce d’élever dans le respect d’autrui et des valeurs fondamentales de notre constitution. Aussi quand je vois les actes de certains et les peines qui les sanctionnent, je ne m’étonne pas de voir autant de récidive. Je prie tous les jours pour que ma famille ne soit plus un jour au rang des victimes. Chacun devrait pouvoir faire confiance à la justice.

 

François : “Jeunes sauvageons”

En MAI 68 j’avais 18 ans et comme beaucoup de jeunes de l’époque, nous